Article · 05/08/2026

Rayonnages d'entrepôt : un rapport écrit est attendu chaque semaine

La norme EN 15635 encadre l'exploitation et la maintenance des installations de stockage. Elle prévoit deux niveaux d'inspection, une échelle de gravité chiffrée et un responsable désigné. Voici ce qu'elle demande, et ce que la plupart des entrepôts en font réellement.

Deux inspections, deux rythmes

Le premier niveau est interne et hebdomadaire. Il revient à la personne responsable de la sécurité des installations de stockage, désignée par l'exploitant, qui parcourt les allées, relève ce qu'elle voit et consigne le tout dans un rapport écrit. La périodicité est fixée par cette personne selon l'usage réel de l'installation, ce qui laisse une marge d'appréciation, mais l'écrit n'est pas facultatif.

Le second niveau est expert et son intervalle ne dépasse pas douze mois. Il fait généralement l'objet d'un rapport détaillé et de recommandations de remise en état.

Norme EN 15635 — Systèmes de stockage statiques en acier : application et maintenance des équipements de stockage. Vérifié le 04/08/2026.

Trois niveaux de gravité, mesurés et non appréciés

C'est la partie de la norme qui rend l'exercice objectif. Le classement dépend du dépassement des limites de déformation admissibles, avec un seuil unique : le facteur deux.

NiveauConstatAction et délai
VertLes limites ne sont pas dépasséesSurveillance, consignation au rapport
OrangeDépassement inférieur à un facteur 2Déchargement de la zone, réparation sous 4 semaines maximum
RougeDépassement égal ou supérieur à un facteur 2Déchargement immédiat, interdiction d'utilisation jusqu'au remplacement

Un classement orange n'est donc pas un avertissement à traiter quand ce sera possible : c'est une échéance de quatre semaines, avec déchargement en attendant. Cette distinction est celle qui se perd le plus souvent entre le constat et le planning de maintenance.

Ce qu'un rapport doit permettre de faire

Un rapport d'inspection sert deux usages qui n'ont pas les mêmes exigences. Le premier est immédiat : décider quoi décharger et quoi réparer. Le second est cumulatif : comparer cette semaine à la précédente, et voir si un dommage s'aggrave.

Le second usage échoue presque toujours, pour une raison simple. Un rapport qui note « montant abîmé allée 12 » ne permet pas de savoir, trois mois plus tard, s'il s'agit du même montant ni si la déformation a progressé. Sans emplacement précis — travée, niveau, position dans la travée — sans mesure et sans date, deux rapports successifs ne sont pas comparables.

Quatre éléments rendent un rapport exploitable dans la durée : l'emplacement identifié sans ambiguïté, la mesure de la déformation, le niveau retenu, et la suite décidée avec son échéance.

Pourquoi l'inspection hebdomadaire tient rarement

Elle repose sur une personne qui a d'autres responsabilités, elle se fait à pied dans un entrepôt en activité, et elle produit un document qu'on relit rarement. Les impacts, eux, ne s'arrêtent pas : un chariot élévateur touche un montant sans que le cariste s'en aperçoive, et le dommage n'est découvert qu'à la ronde suivante — ou à l'inspection annuelle.

L'enjeu n'est pas la bonne volonté. C'est que la fréquence exigée par la norme correspond mal à ce qu'une organisation peut tenir manuellement sur plusieurs milliers de mètres carrés.

Sur ce point précis, une machine qui parcourt déjà les mêmes allées chaque nuit change les termes du problème : elle regarde à la fréquence où les impacts se produisent, pas à celle où quelqu'un a le temps de passer. Nous décrivons ce dispositif sur la page inspection continue.

Vos rapports sont-ils comparables d'une semaine à l'autre ?

Envoyez-nous deux rapports successifs et la taille de votre installation. Nous vous disons ce qu'il manque pour suivre l'évolution d'un dommage, et ce que l'observation automatisée changerait chez vous.

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